C’était en novembre 1978 au Théâtre de la Ville, puis à la salle Gaveau à Paris. Jean-Pierre Wallez dirigeait les deux concerts inauguraux de l’Ensemble orchestral de Paris.
Quarante ans plus tard, la formation, devenue entre-temps Orchestre de chambre de Paris, a profondément évolué tout en préservant son indépendance artistique.

Il y a quatre décennies, il paraissait étrange de créer un orchestre de chambre alors que régnaient, sans partage, les grandes phalanges symphoniques. Pourtant, très rapidement, cet ensemble, soutenu sans faille par la Ville de Paris et le ministère de la Culture, a acquis une reconnaissance nationale et internationale. Les chefs d’orchestre qui se sont succédé à sa tête ont apporté leur talent et leur personnalité, mais aussi un état d’esprit et de nouveaux répertoires. À la suite de Jean Pierre Wallez (1978- 1986), l’orchestre a été dirigé par Armin Jordan (1986-1992) puis Jean-Jacques Kantorow (1994-1998), John Nelson (1998- 2009), Joseph Swensen (2009-2012) et Thomas Zehetmair (2012-2014). L’actuel directeur musical, Douglas Boyd, est arrivé en juillet 2015.
Ses musiciens ont gagné la confiance des solistes et chefs invités. Et quels artistes ! Ceux déjà de la première saison, comme Maurice André, Barbara Hendricks, Jean-Pierre Rampal, Henryk Szeryng et le chef Seiji Ozawa… Dès ses origines, l’orchestre a associé grands noms de la scène internationale et talents prometteurs. L’alliage a pris et, au fil des programmes, on croise ainsi les noms de Bruno Leonardo Gelber, Arturo Benedetti Michelangeli, Martha Argerich, Alicia de Larrocha, Nelson Freire, Zoltán Kocsis, Aldo Ciccolini, mais aussi Paul Tortelier, Mstislav Rostropovitch, Narciso Yepes, José van Dam, Teresa Berganza, Mady Mesplé, Dame Felicity Lott, avec ceux de jeunes artistes au début d’une carrière prometteuse : François-René Duchâble, Jean-Yves Thibaudet, Lang Lang, Andris Nelsons…
Au fil des décennies, le répertoire de l’Orchestre de chambre de Paris s’est développé grâce à trois évolutions musicales portées par ses chefs successifs.
La première fut le renouveau de la musique baroque dont l’exploration entreprise après guerre infusa un vent de fraîcheur dans les orchestres de type Mozart. Christopher Hogwood, Ton Koopman, Frans Brüggen, Bruno Weil furent les premiers chefs invités. Aujourd’hui, nul ne s’étonne que l’orchestre jouant sur instruments modernes accueille Fabio Biondi et Sir Roger Norrington. En s’ouvrant aux répertoires classique et baroque, il interprète de grands oratorios, notamment à la basilique de Saint-Denis et à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Armin Jordan et John Nelson s’investirent profondément dans cette démarche.
La seconde évolution se déroula à l’autre extrémité du répertoire. Depuis les débuts de l’orchestre, les œuvres contemporaines et les commandes passées aux compositeurs n’ont jamais cessé : de Jean-Louis Florentz à Philippe Hersant, de Georges Delerue à Daniel-Lesur et Nicolas Bacri, de Pascal Dusapin à Édith Canat de Chizy, Ibrahim Maalouf, Thierry Escaich, Philippe Manoury et Bruno Mantovani. En tout, près de trois cents partitions témoignent d’une envie insatiable de s’ouvrir aux esthétiques les plus variées.
La troisième direction artistique fut tout aussi essentielle car elle consista à programmer systématiquement des œuvres rares. Une fois sa curiosité suscitée, le public s’est pris au jeu de la redécouverte. Et, progressivement, la forme du concert traditionnel – ouverture, concerto et symphonie – s’est modelée à l’évolution du répertoire. Des saisons incluant des récitals de musique de chambre, l’apparition de soirées consacrées au joué-dirigé, la nomination d’artistes associés ont été autant d’idées novatrices qui ont métamorphosé la vie de l’orchestre.
Quatre siècles de musique et quarante ans d’existence ne se résument pas seulement à un immense répertoire et à une liste d’artistes, aussi prestigieux soient-ils. L’Orchestre de chambre de Paris est devenu aussi une institution au cœur de la ville, porté par une démarche citoyenne qui prend les formes les plus diverses de la solidarité. Elle implique les artistes, non seulement dans les grandes salles de concert – aujourd’hui, au Théâtre des Champs-Élysées et à la Philharmonie de Paris – mais aussi dans le cadre d’expériences participatives avec le public, dans les lieux parfois les plus inattendus, à l’écoute de la ville et de ses habitants.
C’est grâce à ses soutiens que l’Orchestre de chambre de Paris peut mener à bien toutes ses activités. Il tient à remercier la Ville de Paris, la Drac Île-de-France – ministère de la Culture et de la Communication, les entreprises partenaires, accompagnato, cercle des donateurs de l’Orchestre de chambre de Paris, et la Sacem qui contribue aux résidences de compositeurs.