Avec le soutien du Groupe Monceau Assurances, des musiciens accompagnent des écoliers et des personnes âgées dans la création d’un spectacle musical.

 

À l’école Jules Ferry de Vendôme (Loir-et-Cher), certains risquent de faire des jaloux : la classe de CM1 de Laurent Dagorn notamment, choisie pour préparer un spectacle musical avec l’aide d’un quatuor de musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris, et de la violoncelliste et intervenante pédagogique Julie Dutoit. En ce matin ensoleillé d’octobre, la musicienne rencontre pour la première fois les enfants. « C’est une classe difficile », a-t-on prévenu. Mais les facéties de Julie séduisent immédiatement des élèves trop heureux d’échapper à leurs cahiers. « On va apprendre à se tenir droit pour dégager quelque chose qui respire le bonheur, pour être beaux à regarder sur une scène ! », entame-telle. Et les enfants d’étirer leurs bras, leurs cous, jusqu’à leurs petits doigts.

Voilà pour les présentations avec Julie, c’est à présent le tour de son instrument, le violoncelle. Julie fait mine de ne plus savoir en jouer, le prend sur son épaule – « Oh là là, c’est pas pratique, je crois que ça va pas marcher » –, détache la mèche de son archet pour partir à la pêche aux enfants sous les rires et les nombreuses mains levées. De façon ludique, la classe a droit, l’air de rien, à un cours sur les instruments à cordes frottées. Et quand Julie s’assoit enfin pour jouer un prélude de Bach, on entend les mouches voler.

La classe a jusqu’aux 23 et 24 avril pour « apprendre à chanter ensemble et en rythme », jours des représentations d’un spectacle autour du thème des « petites bêtes ». « Ce qui compte, c’est le travail, le chemin parcouru, moins que l’aboutissement, la restitution », précise toutefois Julie. C’est pourquoi elle les accompagnera tout au long de l’année scolaire au fil de plusieurs ateliers. Pour Laurent Dagorn, directeur de l’école Jules Ferry, « c’est une façon d’obtenir la cohésion du groupe pour une classe où le “vivre ensemble” n’est pas toujours une évidence ». Les parents seront invités au Minotaure, la grande salle de concert de la ville : un événement, surtout pour ce quartier un peu excentré, celui des Rottes, dont les habitants fréquentent peu les lieux culturels et peinent à se sentir à leur place en dehors de leurs rues familières.

L’Orchestre de chambre de Paris est coutumier de ce type d’action de médiation culturelle. Qu’il s’adresse à des migrants, des détenus, ou des enfants, l’enjeu est le même : monter un projet participatif qui permette de mobiliser la créativité de chacun et de se sentir fier du résultat. À Vendôme, les élèves s’associeront à des résidents en EHPAD (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) afin de nouer un lien entre générations.

Pour les répétitions, quoi de mieux que les locaux du centre culturel du quartier ? Catherine Mandereau, chargée de projet à la direction Vivre ensemble du service politique de la Ville de Vendôme, table sur l’initiative pour « amplifier une dynamique dans ce quartier prioritaire » malgré les récentes restrictions  budgétaires de l’État. Du coup, on se plie en quatre pour trouver des solutions au moindre problème soulevé : « Tout est possible, il est permis de rêver ! », affirme-t-elle. « C’est une chance que l’Orchestre de chambre de Paris soit venu jusqu’à nous », confie Laurent Dagorn, qui en semble encore étonné. Une heureuse surprise.

 

Victorine De Oliveira