Pouvez-vous décrire le programme de l’enregistrement du dernier disque de Gautier Capuçon avec l’Orchestre de chambre de Paris ?

Cela fait environ cinq ans que je travaille avec Gautier, et ce type d’enregistrement est plutôt inhabituel : il s’agit d’un mélange d’œuvres pour violoncelle et orchestre et de partitions pour violoncelle et piano. Des pages de Tchaïkovski, Scott Joplin, Fauré… figurent au programme. C’est assez difficile de réaliser ce type de programme car il faut déterminer une cohérence, donner du sens. Mais pour ce tout premier disque de Gautier avec l’Orchestre de chambre de Paris, on peut dire que les choses se sont déroulées d’une façon très naturelle. On ne peut jamais anticiper l’ambiance des sessions d’enregistrement. Là, c’était un moment très joyeux !

Justement, comment se sont déroulées les sessions ?

L’orchestre a été merveilleux ! Il y avait un très bon état d’esprit. Ce n’est pas toujours le cas dans notre travail. Une atmosphère positive que l’on doit beaucoup à Deborah Nemtanu. En plus d’être une excellente violoniste, elle possède un vrai tempérament de leader et une mentalité très positive. Ce n’est pas facile pour les musiciens de jouer et de devoir s’arrêter à tout bout de champ. Cela peut être frustrant. Et pourtant, je ne les ai jamais entendus se plaindre une seule seconde. L’orchestre était capable de passer d’un répertoire à l’autre sans aucune difficulté. L’enregistrement est l’un des meilleurs moyens pour inciter un orchestre à se dépasser car tout doit être parfait. Gautier est extrêmement perfectionniste et sérieux en enregistrement. Tout comme l’Orchestre de chambre de Paris.

Gautier Capuçon et Douglas Boyd étaient-ils en accord sur les options artistiques ?

Nous arrivons tous avec nos idées préconçues. Mais, tout comme en musique de chambre, il faut savoir être flexible, écouter, apprendre des autres. Douglas Boyd est très souple, tout en ayant une idée précise de là où il veut aller. Le disque promet d’être très réussi !

Propos recueillis par Elsa Fottorino