François Leleux, réputé pour ses prestations pleines de vitalité, se produit régulièrement en tant que soliste, chef et en joué-dirigé avec les orchestres et dans les festivals les plus réputés au monde.

 

Écrites par des compositeurs des XIXe et XXe siècles (Debussy, Kancheli, Bizet), les œuvres de ce programme semblent se faire écho : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les liens qui les sous-tendent ?

La première partie du programme est en demi-teinte, assez nostalgique, et permet d’accéder à une dimension subtile de la musique, alors que la dernière est plutôt une sorte de feu d’artifice avec la première symphonie de Georges Bizet, alors élève de Charles Gounod au Conservatoire de Paris.
Aux côtés de Debussy et Bizet, musiciens français, les auditeurs peuvent découvrir le Géorgien Kancheli, plutôt mélancolique, qui a beaucoup composé pour le cinéma.

Debussy apparaît deux fois dans ce programme : quelle est votre histoire avec ce compositeur et que représente-t-il pour vous ?

Debussy a énormément apporté à la musique, il est sans doute l’un des plus grands compositeurs français. Je suis toujours bouleversé lorsque j’écoute ses œuvres. C’est cette année le centenaire de sa mort et il me semble indispensable de le programmer le plus possible : ce sera notamment le cas à Édimbourg avec l’Orchestre de chambre d’Écosse, à Sydney avec l’Orchestre symphonique de Sydney, à Vienne au Musikverein, à Oslo avec l’Orchestre philharmonique d’Oslo, et surtout à Paris pour ce concert avec l’Orchestre de chambre de Paris…

Pour Rhapsodie de Debussy, dans une version de Gilles Silvestrini, vous délaissez le hautbois au profit du cor anglais. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cet instrument peu connu du grand public, ainsi que sur cette pièce ?

Claude Debussy a écrit cette Rhapsodie pour saxophone. L’orchestration fut exécutée par Jean Roger-Ducasse. Cette version n’est pas très réussie à mon goût, alors que cette pièce est absolument fantastique. J’ai demandé à un compositeur extrêmement fin et talentueux – Gilles Silvestrini – de reprendre le travail de Roger-Ducasse. Il a orchestré la version originale de Debussy pour une formation plus petite que celle de Roger-Ducasse. Je trouve le résultat nettement plus intimiste et réussi. Le cor anglais, instrument délicat et très chantant, a dans cette nouvelle orchestration toute sa place. À la fin, j’échange mon cor anglais contre mon hautbois afin de poursuivre jusqu’au dernier moment le crescendo exaltant de cette oeuvre.

Quels sont les passages qui vous émeuvent le plus dans Childhood Revisited de Giya Kancheli ?

C’est une pièce incroyablement nostalgique et subtile. Ce compositeur aime jouer avec le chaud et le froid, la peur et le bonheur, l’effroi et le réconfort. Je connais Kancheli, c’est un homme très secret. Une partie de son oeuvre s’exprime aussi à travers les silences.

Ce concert est une nouvelle fois l’occasion de vous voir jouer et diriger l’Orchestre de chambre de Paris. Quel plaisir y trouvez-vous et comment vous préparez-vous pour diriger la Symphonie en ut majeur de Bizet ?

La première symphonie de Bizet est une pièce majeure de mon répertoire. Je l’ai beaucoup dirigée : au Musikverein de Vienne, avec les orchestres symphoniques de Sydney et Birmingham, l’Orchestre de la radio norvégienne…
La préparation est très importante pour développer des idées convaincantes et compréhensibles pour le public. Je m’efforce de connaître parfaitement chacun des pupitres et d’avoir une idée claire de la fonction de chaque musicien, afin de parvenir à un agréable sentiment d’unité.

 

Propos recueillis par Anissa Rémot

 

 

Jeudi 7 juin à 20 H au Théâtre des Champs-Élysées, Rhapsodie avec François Leleux (direction, hautbois et cor anglais)

 

 

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