Natif de Trévise, Giuliano Carmignola étudie le violon avec son père puis avec Luigi Ferro, Nathan Milstein et Franco Gulli à l’Accademia Chigiana de Sienne.
À l’occasion de son concert du jeudi 19 octobre à 20h au Théâtre des Champs-Élysées, le violoniste et chef a répondu à nos questions. 

 

Lors de ce concert, vous dirigez l’Orchestre de chambre de Paris en partie de votre violon. Parlez-nous de votre parcours de musicien, du violon à la direction d’orchestre.

Mes premières expériences de direction, ce fut avec la Symphonie n° 53 dite « L’Impériale » de Haydn et l’Orchestre de chambre de Zurich, lorsque je commençais l’enseignement au Conservatoire de Lucerne. Au moment où Claudio Abbado a fondé l’Orchestra Mozart, je me suis produit dans un programme réunissant les concertos pour violon de Haydn et cette symphonie. Encouragé par une personnalité aussi importante que Claudio Abbado, j’ai décidé de dédier une partie de mon activité musicale à la direction d’orchestre dans ce répertoire. Depuis, j’ai eu plusieurs propositions de concerts en tant que chef et soliste.

J’aime pouvoir exprimer mon idée musicale par le geste et les regards dans un dialogue avec l’orchestre et pas seulement avec l’instrument. J’ai récemment dirigé la Symphonie « Jupiter » de Mozart pour la première fois au Festival de Herrenchiemsee en Bavière : une des plus belles expériences de ma vie de musicien !

 

Ce programme réunit des oeuvres de deux compositeurs : J. Haydn et C. P. E. Bach. Quelle est votre histoire avec ces pièces ?

J’aime les concertos pour violon de Haydn depuis mon enfance : je les ai étudiés au conservatoire, joués une multitude de fois en public et enregistrés avec l’Orchestre des Champs-Élysées. La partie soliste de violon, particulièrement dans le Concerto en la majeur, est très élaborée.

Le Concerto en ut majeur est le plus connu et le plus joué. Il n’atteint pas le niveau du Concerto pour violoncelle en ut majeur mais l’Adagio, avec l’accompagnement pizzicato, est une mélodie sublime, une des plus belles pages de l’histoire de la musique.

C. P. E. Bach a écrit des concertos originaux pour violoncelle, flûte, pour clavier, hautbois… mais pas pour violon. J’ai été fasciné à l’écoute du Concerto en ré mineur pour clavecin, un véritable choc émotionnel. Du coup, j’ai demandé à mon ami musicologue Olivier Fourés d’en faire une transcription pour violon. Je l’ai déjà jouée à plusieurs reprises et me souviens d’un concert particulièrement marquant avec le Philharmonique de Dresde à la Frauenkirche.

 

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec l’Orchestre de chambre de Paris. Quelle est votre relation avec ses musiciens ?

Je garde un très beau souvenir de ma première collaboration avec l’orchestre dans un programme entièrement vivaldien. C’est un concert qui m’a donné beaucoup de satisfaction : j’ai ressenti une grande participation émotionnelle et une vraie attention de la part des musiciens.

Aujourd’hui, je suis ravi de pouvoir renouveler l’aventure dans ce programme J. Haydn-C. P. E. Bach.


Propos recueillis par Émilie Tachdjian

 

 Jeudi 19 octobre à 20 H au Théâtre des Champs-Élysées, Concerti Classiques, avec Giuliano Carmignola (direction et violon)

Dès 19 heures, en prélude au concert, Stéphane Friederich vous convie, dans la salle du Théâtre des Champs-Élysées, à une discussion à la fois intime et rythmée avec Jacques Bonnaure.

 

 

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