Chef assistante de l’Orchestre philharmonique de Radio France entre septembre 2015 et décembre 2016, Marzena Diakun est invitée à diriger des orchestres dans le monde entier. Elle dirigera l’orchestre pour deux concerts exceptionnels les mardi 16 et mercredi 17 octobre  à 20h30 à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pouvez-vous nous présenter le programme de ce concert ?

Le programme de ce concert est constitué de trois œuvres de trois compositeurs très différents, d’époques bien distinctes les unes des autres. Igor Stravinski et Arvo Pärt s’inspirent du passé. Stravinski a composé ses variations sur un thème de Johann Sebastian Bach. Il est particulièrement intéressant de voir qu’il s’inscrit totalement dans le style du XVIIIe siècle. Néanmoins sa maîtrise de la technique de composition de Bach – la polyphonie – place cette œuvre parmi les meilleures de sa catégorie. Les Variations se trouvent à mi-chemin entre sa Symphonie de psaumes et des œuvres strictement liturgiques comme sa Messe. Arvo Pärt cache quant à lui la puissance dans le silence et le calme, se tournant vers le Moyen Âge et le chant grégorien. La simplicité rehausse encore les émotions. Le compositeur estonien joue également avec l’espace en divisant le chœur en trois groupes et avec le son en ajoutant la harpe éolienne à son instrumentarium.

Selon vous, qu’est-ce qui relie ces trois œuvres ?

Bien que chacune d’elles traduise une ambiance qui lui est propre, elles sont toutes les trois composées sur un texte faisant état du lien sacré qui unit l’homme à Dieu. Il est intéressant de noter que le Te Deum d’Arvo Pärt et le Magnificat de Bach sont deux professions de foi musicales alors que Stravinski, de son côté, joue avec la technique.

Qu’attendez-vous du travail avec l’Orchestre de chambre et la Maîtrise Notre-Dame de Paris sur ces œuvres ?

L’Orchestre de chambre de Paris et la Maîtrise Notre-Dame de Paris sont pour moi les partenaires rêvés pour travailler ce programme imaginé autour de Bach, qui plus est donné à Notre-Dame de Paris. Cette collaboration est pour moi l’occasion de faire sonner l’acoustique de la cathédrale et d’en révéler toute sa puissance transcendantale. Tous ensemble, nous allons tenter de trouver la musique parmi les notes, de mettre en lumière le style propre à chaque compositeur. L’expérience de l’Orchestre de chambre de Paris alliée à la fraîcheur et à la pureté des voix de la Maîtrise peuvent produire selon moi une force très puissante.

Propos recueillis par Anissa Rémot

Mardi 16 et mercredi 17 octobre à 20 H 30 à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, Magnificat

 Cette interview extraite du programme de salle, découvrez d’autres interviews de solistes invités sur Facebook et sur YouTube.