C’est en 2013 que Steven Osborne s’assure une place de choix sur la scène musicale internationale, cumulant une nomination en tant qu’instrumentiste de l’année par la Société philharmonique royale de Londres et un second Gramophone Award pour son enregistrement Moussorgsky-Prokofiev, après celui obtenu pour le Concerto de Britten. Il répond à nos questions à l’occasion du concert du jeudi 15 février 2018 au Théâtre des Champs-Élysées.

 

Pour ce concert, vous interprétez avec l’Orchestre de chambre de Paris le Concerto pour piano n°4 de Beethoven. Quelles sont les particularités de cette œuvre ?

 Le Quatrième Concerto pour piano se distingue par son caractère amène et sa douceur, deux qualités assez rares chez Beethoven. Et pourtant, le second mouvement reste l’une de ses compositions les plus torturées. Les contrastes importants, provocants et absurdes sont fréquents chez lui, c’est d’ailleurs une des raisons qui rendent sa musique si passionnante.

Beethoven est l’un des compositeurs phares de la saison 2017-2018 de l’Orchestre de chambre de Paris. Quelle est votre histoire avec sa musique ?

Si je devais ne choisir qu’un seul compositeur dont j’emporterais la musique sur une île déserte, ce serait lui, et ce pour de multiples raisons : sa palette d’émotions immense, sa façon surprenante d’aborder la structure musicale, son humour, son élégance teintée d’improvisation… Il s’agit d’un univers incroyablement riche.

Quelle relation entretenez-vous avec votre instrument au quotidien ?

Petit, j’en jouais beaucoup mais, en réalité, je ne le travaillais que très peu. C’est désormais l’inverse, car je joue rarement juste pour m’amuser. Mon véritable plaisir, je le trouve lors des concerts. Cependant, il m’est plus agréable de travailler mon instrument qu’avant, en grande partie parce que je suis plus patient et que j’envisage les choses avec plus de calme. Mais je ne pourrais pas le travailler plusieurs jours d’affilée plus de quatre ou cinq heures sans que mon cerveau surchauffe.

Vous rappelez-vous votre premier contact avec la musique ? Et pourquoi avoir choisi le piano ?

 Il y avait tout simplement un piano à la maison lorsque j’étais enfant et, dès que j’ai été en âge d’atteindre les touches, j’ai joué de petites mélodies. Il m’est impossible de l’expliquer, mais j’ai rapidement développé un lien très fort avec cet instrument. Je ne sais plus au juste quel est mon premier souvenir musical, mais je me rappelle avoir trouvé les notes d’Une souris verte au piano par exemple… Je me souviens aussi d’une petite boîte à musique qui jouait Raindrops Keep Falling on My Head de Burt Bacharach et Here Comes the Sun des Beatles. À vrai dire, j’aime toujours autant ces musiques – exception faite peut-être d’Une souris verte !

Propos recueillis par Anissa Rémot

 

 

 Jeudi 15 février à 20 H au Théâtre des Champs-Élysées, Focus Beethoven, avec Douglas Boyd (direction) et Steven (piano)

Dès 19 heures, en prélude au concert, Stéphane Friederich vous convie, dans la salle du Théâtre des Champs-Élysées, à une discussion à la fois intime et rythmée.

 

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