En dix ans, le Palazzetto Bru Zane a brillamment révélé tout un pan négligé du patrimoine hexagonal. Il a trouvé en l’Orchestre de chambre de Paris un partenaire particulièrement dynamique, comme le souligne Alexandre Dratwicki, directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane. – Par Yutha Tep

Depuis son lancement en 2009, le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française n’a eu de cesse de révéler les trésors cachés du patrimoine hexagonal, et ce dans tous les genres musicaux même si, bien sûr, l’attention du public se focalise sur les grandes « machines » vocales, notamment lyriques. Dans ce domaine, la collaboration entre l’Orchestre de chambre de Paris et le Palazzetto Bru Zane a déjà porté – et va porter – des fruits opulents. Alexandre Dratwicki, directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane, ne le démentira pas : « Nous partageons un compagnonnage qu’on peut qualifier d’historique puisqu’il remonte déjà à 2012 et a permis de faire redécouvrir un certain nombre de partitions. Il est évidemment important pour nous de porter notre projet dans la capitale française, et il était naturel que nous nous adressions à une formation de grande tenue se produisant dans les plus belles salles de Paris, telles que le Théâtre des Champs-Élysées ou la Philharmonie.

Ce partenariat permet de présenter les œuvres que nous défendons dans les meilleures conditions possible. » Outre les considérations stratégiques, l’aspect artistique y trouve également son compte : « L’orchestre affiche depuis très longtemps une réelle originalité, notamment parce qu’il s’appuie sur des effectifs kaléidoscopiques. Ses projets se démarquent résolument des programmations symphoniques traditionnelles et les nôtres s’inscrivent dans cette démarche d’inattendu, d’inouï. Tout un pan du répertoire français romantique s’adresse à un type d’orchestre plus chambriste. On peut prendre l’exemple de Madame Favart, donné à l’Opéra Comique en juin 2019. Souvent, dans Offenbach, nous avons certains bois par un, c’està-dire un hautbois, un basson, etc. Je citerais aussi le répertoire de la mélodie avec orchestre. Avec l’Orchestre de chambre de Paris, nous avons cette possibilité de visiter des œuvres plus intimistes. » La fidélité est toujours récompensée, affirme la sagesse populaire, et on ne peut que lui donner raison : « Il peut paraître inutile de le préciser mais l’Orchestre de chambre de Paris est un orchestre français : ce point est essentiel lorsque l’on se penche sur les questions de style – et il s’agit d’une logique qui, il faut le dire, échappe parfois à certains projets patrimoniaux. Un partenariat régulier permet d’un point de vue stylistique d’aller plus vite dans le travail et, en conséquence, d’entrer plus minutieusement dans les détails musicaux (prononciation, tempi, articulation), c’est un avantage inestimable. » Gageons que la collaboration entre l’Orchestre et le Palazzetto Bru Zane nous réserve quelques belles heures d’émotion musicale.