Cinq jours de répétitions plus tard, l’heure du premier concert approche. Le cinéma de Jénine et son étroite scène vont accueillir ce soir, comme presque chaque année, l’Orchestra Ramallah et son étonnant mélange de musiciens aux origines multiples.

Les exemples d’orchestres aux allures de tour de Babel sont nombreux mais leur réussite fascine à chaque fois.

L’amalgame entre la moitié de Palestiniens qui le compose et l’autre moitié constituée d’étudiants et de professionnels américains, belges, espagnols et français s’est produit très rapidement au point que les automatismes de jeu collectif sont désormais installés au sein de la formation,  et de manière durable !

Certes, une symphonie de Beethoven, pour tout orchestre, reste un exigeant Graal à atteindre mais le résultat est plus que convaincant et la répétition générale d’hier a laissé entrevoir quelques magnifiques perspectives. Diego Masson, le chef d’orchestre, fédère tout ce petit monde par ses conseils et sa bienveillance avec d’autant plus de mérite que les circonstances pourraient parfois le conduire a perdre patience : absences pour cause de demandes de permis de jouer à Jérusalem, validations d’examens à l’université, etc… Et nous passerons sous silence les difficultés rencontrées pour monter la suite de chansons populaires arabes arrangée par Florent Pujuila… Au gré des reprises dont le nombre augmente à chaque répétition, des échanges en trois langues et autres gags,  le joyeux et savoureux mélange entre instruments orientaux et occidentaux fonctionne à merveille et c’est là l’essentiel !