Née à Osaka, Momo Kodama étudie au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et suit, entre autres, les conseils de Tatiana Nikolaïeva, András Schiff et Murray Perahia. Elle retrouvera l’orchestre pour interpréter le Concerto pour piano n°21 en ut majeur de Mozart sous la direction de Sascha Goetzel le mardi 30 octobre à 20h au Théâtre des Champs-Élysées. 

 

Pourquoi avez-vous choisi de jouer ce concerto de Mozart ?

Ce concerto m’accompagne depuis longtemps puisqu‘il est le premier de Mozart que j’ai joué. J’aime beaucoup son caractère très opératique. Mozart écrit d’ailleurs deux ouvrages lyriques, Les Noces de Figaro et Don Giovanni, peu de temps après sa composition. Le premier mouvement est très majestueux, très solaire, en ut majeur – une tonalité pure et joyeuse. Le deuxième mouvement est d’une grande amabilité, avec ses triolets immuables qui donnent le mouvement du début à la fin tout en traversant de nombreuses tonalités. C’est tout un voyage intérieur. Le dernier mouvement, très pétillant, est plein d’une joie de vivre caractéristique de Mozart. Je pense que ce concerto reflète la vie : c’est presque une « comédie humaine » ; chacun peut y retrouver tout un éventail des états d’âme qu’il traverse au quotidien. Et si l’on passe parfois par une certaine mélancolie, l’impression générale reste très positive. Mozart était comme cela : d’une façon très inattendue, il va toujours vers la joie. Il faut dire également que ce vingt-et-unième concerto est peut-être aussi le plus connu des concertos de Mozart. Tout le monde a pu l’entendre dans une salle de concert, dans une publicité ou au cinéma – le thème du deuxième mouvement a même été utilisé dans un film de James Bond !

Avez-vous un passage préféré ?

J’aime tout particulièrement, au milieu du premier mouvement, au moment du développement, le passage, assez court mais magnifique, où Mozart nous fait passer de la tonalité d’ut majeur au mineur. Le discours devient tout à coup très dramatique, pour quelques mesures seulement car Mozart revient tout de suite à la joie. Ce sont huit mesures, qui durent peut-être huit secondes mais qui sont extraordinaires. C’est toujours un miracle lorsque je joue ce passage, qui ne peut être né que du génie mozartien.

Comment allez-vous travaillé avec l’Orchestre de chambre de Paris et Sascha Goetzel ?

Ce concert est ma première collaboration avec Sascha Goetzel, un chef que j’admire énormément, qui a grandi dans la musique de Mozart, Haydn et Beethoven –  les trois compositeurs de ce concert. Je me réjouis de ce beau dialogue avec les musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris, avec qui j’ai déjà eu le bonheur de jouer de nombreux répertoires – et notamment le Concerto pour deux pianos de Mozart, avec ma sœur il y a quelques années. Ce concert va être très vivant, comme l’exige la musique de Mozart. L’Orchestre de chambre de Paris, de par sa formation, peut jouer aussi bien le répertoire symphonique – comme les tutti du début du concerto – que les dialogues plus intimes échangés entre instruments. Je pense vraiment que ce concerto est écrit pour une formation de chambre élargie, qui comprend le pianiste, le chef et chaque musicien de l’orchestre. Chacun a sa place dans les questions et les réponses qui le constituent. C’est très créatif.

 

Propos recueillis par Anissa Rémot

 

Mardi 30 octobre à 20 H  au Théâtre des Champs-Élysées, Mozart romantique

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