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Le numéro 18 du magazine "Ensemble" est disponible !

Plus que jamais continuer à faire de la musique

ÉDITO – Dans ce premier numéro depuis la mort de notre directeur musical Lars Vogt, nous voudrions plus que jamais y développer les valeurs qui lui étaient chères et qu’il partageait avec l’orchestre : ne jamais transiger sur l’exigence artistique, se confronter à la création musicale, rester curieux dans la redécouverte d’œuvres oubliées, s’investir dans la transmission, continuer de s’engager auprès de tous les publics parisiens…

Notre « Grand angle » est consacré à la personnalité de Germaine Tailleferre, célébrée à la Philharmonie de Paris par une soirée de (re)découverte, spectacle alliant textes et musiques conçu par la metteure en scène Chloé Lechat. Il met opportunément en lumière une compositrice prolixe et singulière qui a traversé les grands bouleversements historiques et culturels du XXe siècle. Créatrice surprenante au parcours hors du commun, elle occupe une position de pionnière, qu’elle n’aura pourtant ni revendiquée ni même recherchée : elle rappelle à plusieurs occasions avoir fait de la musique, sans considération de son sexe ni d’une appartenance à un quelconque courant.

Autre femme inspirée : la cheffe d’orchestre Speranza Scappucci dont le « Portrait » met en avant la personnalité volontaire et le parcours exigeant. Les relations avec les musiciens qu’elle dirige, le partage et l’échange sont pour elle une composante essentielle de son rôle de direction. Première cheffe invitée de l’Orchestre de chambre de Paris cette saison, elle a abordé cette collaboration avec confiance et enthousiasme.

Poursuivant l’ambition d’allier qualité artistique et engagement en milieu carcéral, l’Orchestre de chambre de Paris s’investit dans un projet original intitulé Un Homme qui marche, sur lequel la rubrique « En travaux » revient. À la croisée des arts, cette production autour du thème de l’argent présente artistes professionnels et personnes détenues sur un pied d’égalité. Comme l’explique la metteuse en scène Héloïse Sérazin, habituée aux grosses productions professionnelles, travailler avec des personnes amateures et détenues représente un double challenge, où l’exigence artistique ne peut s’atteindre qu’au prix d’un certain lâcher-prise. Pour Irène Muscari, coordinatrice culturelle du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin, il s’agit de redonner à des personnes particulièrement isolées confiance en elles et dans les autres et, pour cela, il importe de savoir prendre des risques.

Nicolas Droin,
Directeur général de l’Orchestre de chambre de Paris