Diriger depuis son instrument, au cœur de l’orchestre

Depuis 2011
L’Académie
L’Orchestre de chambre de Paris a fait du joué-dirigé l’un des piliers de son travail : diriger depuis son instrument, au sein de l’orchestre. Dans un objectif de transmission, il a créé en 2011 la Paris Play-Conduct Academy pour accueillir de jeunes solistes, à la fois cordes et vents, et leur partager son approche du joué-dirigé. À travers l’écoute et la complicité qu’elle exige entre les artistes, cette pratique offre une richesse exceptionnelle sur le plan musical. Rares sont les orchestres au monde à former ainsi de jeunes solistes à diriger, et c’est cette singularité que l’orchestre cultive.
Pour cette édition 2026, quatre solistes rejoindront l’orchestre pour une semaine de répétitions et de concert à la Philharmonie de Paris, du 24 au 28 novembre. Ils proposeront chacun·e un concerto de leur choix qu’ils dirigeront depuis leur instrument grâce aux conseils d’Astrig Siranossian et Jan Söderblom, deux artistes dont les carrières se construisent à l’intersection de l’interprétation en soliste et de la direction d’orchestre.
Une semaine de master classes avec l’Orchestre de chambre de Paris
du 24 au 28 novembre 2026 à la Philharmonie.
Concert de clôture : Samedi 28 novembre, 19h30
Le joué-dirigé, de quoi parle-t-on ?
Le « joué-dirigé » désigne la pratique par laquelle un ou une soliste dirige l’orchestre depuis son instrument. La direction naît du pupitre et passe par le geste musical, par le regard, par la respiration collective.
C’est une pratique ancienne, longtemps mise de côté :
- XVIIe – XVIIIe siècles : Vivaldi dirige ses concertos depuis son violon. Mozart dirige ses opéras et ses symphonies depuis le clavier. Haydn mène ses œuvres depuis le premier pupitre.
- XIXe siècle : l’instrument et la direction se séparent, c’est l’invention de la figure moderne du chef d’orchestre. C’est une conception plus verticale de l’ensemble.
- Fin XXe siècle – aujourd’hui : plusieurs orchestres réinvestissent la pratique, dans le répertoire baroque et classique d’abord, puis au-delà.
Jouer et diriger, c’est partager la scène et les intentions. C’est se nourrir de l’écoute des autres pour affirmer son propre geste, et le sens d’une œuvre.
Frédéric Morando, directeur général de l’Orchestre de chambre de Paris
Direction artistique
Les mentors Jan Söderblom et Astrig Siranossian accompagnent les quatre solistes tout au long de la semaine de résidence.
Jan Söderblom — Violoniste et chef d’orchestre

©Ilkka Saastamoinen
Directeur artistique de l’Orchestre de chambre de Finlande depuis 2021, il a été premier violon solo de l’Orchestre philharmonique d’Helsinki de 2014 à 2025. Il a développé une approche « sans chef » de la direction symphonique, en étroite collaboration avec les solistes.
« Quand vous dirigez depuis votre instrument, vous ne pouvez pas tricher : si vous ne jouez pas vraiment, l’orchestre ne suivra pas. »
Astrig Siranossian — Violoncelliste

©Neda Navaee
Premier prix du concours international K. Penderecki, elle se produit avec Daniel Barenboim, Simon Rattle et Martha Argerich. Elle dirige la programmation artistique de plusieurs festivals, dont les Musicades et le festival Nadia et Lili Boulanger. Elle a été décorée de l’Ordre national du Mérite en 2025.
« L’orchestre n’attend pas qu’on lui dise ce qu’il faut faire, il attend qu’on respire avec lui. Le joué-dirigé, c’est exactement cela : on ne montre pas la mesure, on la partage. »
La promotion 2026
Quatre solistes ont été retenu·es à l’issue de la sélection internationale. Chacun·e dirige un concerto de son choix depuis son instrument.
Federico Altare — Flûte, Italie
Mozart, Concerto pour flûte K. 314b

©Michele D’Ottavio
Vivant entre Paris, Turin et Amsterdam, Federico Altare est flûte solo remplaçant à l’Ensemble Intercontemporain depuis 2023 et membre du Verbier Festival Chamber Orchestra. Il joue la flûte baroque avec Les Arts Florissants et s’est produit en soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Nice.
« Ce concerto est l’un des rares que Mozart ait laissé pour la flûte, et il exige, comme tous ses concertos, autant de finesse dans le dialogue qu’un solide caractère. Le jouer en le dirigeant, c’est se mettre en situation d’écouter chaque musicien·ne de l’orchestre autant qu’ils et elles m’écoutent. »
Johannes Gray — Violoncelle, Etats-Unis
Schumman, Concerto pour violoncelle

©Jiyang Chen
Installé en France, Johannes Gray a remporté le 2e prix et le prix du public du Concours international J.S. Bach de Leipzig en 2024, ainsi que le premier prix de l’International Pablo Casals Award. Il a déjà pratiqué le joué-dirigé avec le Royal Welsh College of Music et le Pauliner Barockorchester de Leipzig, et se produit avec le BBC Philharmonic en 2026.
« Le Concerto pour violoncelle de Schumann est une œuvre profondément intime, presque une conversation intérieure. La diriger en la jouant, c’est essayer de partager avec les musicien·nes ce que Schumann semble s’être adressé à lui-même. »
Maria Marica — Violon, Roumanie
Beethoven, Concerto pour violon op. 61

©DR
Formée à Cluj-Napoca puis à la Hochschule für Musik Saar auprès de David Grimal, Maria Marica a remporté le premier prix du Concours international George Enescu en 2022. Elle a été nommée Instrumentiste de l’année 2024 par l’Union des critiques roumains. Elle est co-super soliste remplaçante de l’Antwerp Symphony Orchestra.
« Le Concerto pour violon de Beethoven est peut-être le sommet du répertoire pour mon instrument. Le diriger depuis le violon, c’est accepter de tenir en même temps la voix soliste et la construction d’ensemble. Un endroit vertigineux, et exactement l’endroit où je veux être aujourd’hui. »
Thomas Prechal — Violoncelle, Pays-Bas
Saint-Saëns, Premier Concerto pour violoncelle, op. 33

©Amandine Lauriol
Né en 2004 à Utrecht, Thomas Prechal est violoncelliste, chef d’orchestre et compositeur. Il s’est produit en soliste avec l’Orchestre du Nord des Pays-Bas et l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas. Admis en 2026 en classe supérieure de direction d’orchestre au CNSMDP, il a déjà mené une expérience de joué-dirigé au festival D440.
« Le premier Concerto de Saint-Saëns a une énergie qui court d’un bout à l’autre, sans temps mort. C’est un morceau qui exige de tenir le fil, mais qui laisse aussi l’orchestre respirer. »
Sarah Barbedette
Déléguée artistique
+33 6 17 11 57 85
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En partenariat avec la Philharmonie de Paris.
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Diriger, c’est écouter, orienter et faire confiance. L’Académie de Joué-Dirigé en fait l’expérience concrète, et ses résonances managériales sont fortes. Conférences, séminaires, master classes… : imaginons ensemble un partenariat sur mesure.
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